Il y a quelques semaines, nous avons eu la primeur de prendre le volant d’une série limitée à 150 exemplaires du SLR. A peine échappé du Mondial de Paris, le SLR 722 S peut se montrer civilisé, mais s’appréciera pleinement sur piste, surtout quand il s’agit du circuit Paul Ricard.
Avant d’aborder l’essai de cette voiture d’exception, quelques mots sur un club totalement hors du commun, le SLR Club. Automatiquement membre lorsqu’il prend commande de son SLR, l’heureux possesseur a la possibilité de s’offrir un week-end au Castelet pour tester sa voitures dans des conditions optimale (transport du SLR, quel que soit son lieu de résidence en Europe, aéroport privé, hôtel-spa avec golf de 9 trous, et surtout team complet pour bichonner sa voiture et le coacher sur la piste), sa petite famille ayant, au passage, accès à un hélicoptère de chez Eurocoptère (partenaire de l’opération) pour aller faire du shopping… C’est dans ce cadre que nous avons donc pris les commandes de cet impressionnant SLR 722 S. Une série limitée, seulement 150 exemplaires dans le monde, qui s’échange pour 25 000 euros de plus qu’un SLR Roadster (affiché déjà ½ million d’euros tout de même !).
Esthétiquement, on retrouve cette allure de Batmobile avec ses ouvertures de portes en élytre, ses immenses roues et son capot interminable. Dans le détail, les jantes sont spécifiques et le constructeur a ajouté des jupes et extracteurs en carbone (la structure de caisse étant déjà réalisé avec se précieux matériaux, d’où son tarif). Si d’origine, l’habitacle du SLR était déjà suffisamment sportif, le 722 S va un peu plus loin dans cette démarche avec l’ajout d’éléments en alcantara permettant un meilleur grip (volant, sièges). Sous le capot, on retrouve le bon gros V8 5.5 litres de chez AMG, mais revisité par les motoristes de chez McLaren. Il passe de 626 à 650 chevaux et son couple gagne 40 Nm pour culminer à 820 Nm. Résultat, on arrive à gratte 1 dixième de secondes sur le 0 à 100 km/h (3.7 sec) et 3 petits dixièmes sur le 0 à 200 km/h (10.6 sec). Une vitesse de pointe située à 335 km/h que nous ne sommes pas allé cherché (aborder le double droite de Cygne en bout de ligne droite à 210 km/h, c’est déjà suffisant pour l’adrénaline). Car pour essayer un tel monstre, le circuit Paul Ricard du Castelet représente l’outil idéal aussi bien pour le tracé que la sécurité (incontestablement l’un des plus sûrs du monde).
Une occasion de prendre très vite la machine en main, surtout quand un pilote de chez AMG vous ouvre la route pour les trajectoires idéales. S’il faut reconnaître que l’essai du SLR Roadster nous avait laissé sur notre faim, l’utilisation d’une telle voiture sur circuit ouvre sur d’autres horizons. On appréciera ainsi l’extrême fermeté de la direction et l’exceptionnelle rigidité de caisse, un train arrière assez mobile, mais prévenant et surtout une sonorité situé entre un bateau de chez Riva et une muscle-car américaine. Après quelques tours, on se surprend même à malmener cette voiture comme on le ferait avec une Golf GTi (essayée au même endroit). Au bout d’une dizaine de tours, il faut reconnaître que les accélérations et les freinages surpuissants (freins en carbone), sans oublier les G latéraux encaissés en prise de courbe, ont vite raison de votre enthousiasme (à moins bien entendu d’exercer le métier de pilote). Et s’il faut afficher quelques différences entre un SLR « standard » et ce 722 S, on note une direction plus dure, une gestion plus franche des accélérations et une boîte automatique plus réactive. En somme, quand on recherche quelque chose de plus exclusif que le déjà bestial SLR, on obtient une 722 S.
(Extrait de la revue de l’Automobile Club : Décembre 2008 ISSN 1296-3739)
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