Pouvoir s’offrir une grosse balade avec la voiture française qui vous faisait rêver vous et vos camarades de classe, c’est ce que nous a proposé Peugeot à l’occasion de son bicentenaire.
1810 : les Peugeot, famille de meuniers décident de transformer leur moulin à eau en sidérurgie, signant leur premier pas dans la révolution industrielle. La suite mérite un numéro complet de l’Automobiliste. Moulins à café, moulins à poivre, outillages en tout genre, vélos, cyclomoteurs, motos, et bien entendu automobiles.
Pour son bicentenaire, Peugeot nous a ouvert son musée à Sochaux. Un endroit tout simplement magique où toutes les générations tomberont en admiration devant les pièces parfois uniques. L’atelier du musée nous a offert la possibilité d’essayer ces voitures parfois très anciennes mais en parfait état. Une d’entre elles n’a été produite qu’à 200 exemplaires afin de pouvoir obtenir l’homologation en rallye. Une voiture qui, il y a 25 ans, animait les esprits dans les cours de collèges. A cette époque il fallait aligner près de 300 000 francs (l’équivalent d’une Porsche 911 SC) pour s’offrir cette Peugeot. Cette voiture, c’est la 205 Turbo 16. Une version rallye championne du monde en WRC, mais aussi en rallye raid pour atteindre son apogée au Paris-Dakar avec le non moins célèbre Ari Vatanen.
Esthétiquement, il faut s’attendre à une 205 que l’on aurait extrudée dans Photoshop, sauf qu’à cette époque, on faisait tout à la main. Des entrées d’air faisant penser à celle d’un croiseur interstellaire échappé de Star Wars, une partie arrière ouvrante laissant découvrir le moteur presque décalé vers la droite (bonjour l’équilibre !). Bref, une ligne d’un autre temps mais qui croyez-nous, fait encore tourner les têtes, même dans son fief à Sochaux.
Egalement assemblé à la main, l’habitacle n’a, soyons francs, plus vraiment de quoi faire rêver face à une sportive actuelle. On oublie d’ailleurs la planche de bord de la 205 pour un dessin plus radical avec notamment des petits compteurs indiquant la pression et la température d’huile. Une ambiance assez spartiate très rallye en fait.
Le moteur étant implanté à l’arrière et la roue de secours logée sous le capot avant, on oublie toute idée de coffre dans cette voiture. Le moteur est un bloc 1,8 l dopé par un turbo. La puissance atteint 200 ch et repose sur 4 roues motrices. Les premiers tours de roues peuvent impressionner mais finalement, il faut se rendre à l’évidence, 200 ch, c’est devenu presque banal de nos jours. Le turbo entre en action vers 4 000 tr d’où une plage d’utilisation assez haut perchée. De quoi s’en mettre plein les oreilles, mais aussi plein les bras. Sans assistance, la direction est très ferme mais sa précision permet de se sentir très vite à son aise dans les enchaînements. De plus, la suspension et les 4 roues motrices assurent une tenue de route impressionnante qui n’a finalement rien à envier à une sportive moderne.
Au cours de cet essai, nous n’avons pas atteint des vitesses fulgurantes, mais une chose est certaine, cette 205 Turbo 16 est une machine à sensations et demeure à ce jour une très grande sportive. Il reste ensuite à essayer de dénicher l’un des derniers exemplaires existants sans faire face à des tarifs totalement surréalistes.
Toujours est-il que le rêve est réalisé, c’est déjà pas mal…


L’habitacle ne réserve aucune surprise par rapport au coupé R8. On retrouve la même présentation avec son ambiance sportive et les matériaux assemblés à la perfection. Seul détail (outre le bouton pour actionner la capote) l’espace arrière a disparu (il permettait de loger un sac de golf dans le coupé). Il ne faut donc compter que sur très peu de rangement dans le R8 Spyder (un coffre avant de 130 l environ). Outre la capote en toile et son mécanisme dont le rangement électrique s’effectue très rapidement, il fallait aussi loger le moteur.
A défaut de circuit, il nous a fallu, quelques instants, fermer la route traversant le massif de l’Esterel. L’occasion de martyriser le sélecteur de vitesse dans sa grille en alu et surtout de faire travailler pleinement le système Quattro et les freins carbone/céramique. Concrètement, le R8 Spyder vous envoie à 100 km/h en 4,1 s, à 200 km/h en 12,7 s et peut aller flirter avec les 320 km/h au compteur pour la photo en noir et blanc. Sans aller chercher de telles vitesses, accélérer très fort en sortie d’épingle, enchaîner les virages comme sur des rails et freiner comme si une main géante vous stoppait la voiture, le tout avec une symphonie mécanique rendant la redoutable chaîne hi-fi Bang&Olufsen totalement inutile, c’est un peu l’idée de cette balade en R8 Spyder. Un plaisir comme très peu de voitures sont capables aujourd’hui.






