Qui au détour d’une agglomération ou en plein centre ville n’a jamais pénétré dans une zone étrange ? Une zone dont l’entrée et la sortie est marquée par des panneaux de signalisation où le chiffre 30 est cerclé de rouge afin que tous puissent prendre conscience qu’ils se trouvent en dehors des règles normales de circulation routière, telle une parenthèse où tout semble se passer au ralenti durant la traversée… N’ayez pas peur, vous n’entrez pas dans la 5ème dimension, vous venez juste de traverser une zone 30.
Il ne s’agit aucunement d’une erreur sur votre parcours mais bel et bien d’un aménagement routier dédié à la cohabitation des utilisateurs de la route et permettant un meilleur partage de la rue plus en adéquation avec les attentes actuelles des usagers.
Il s’agit d’un espace public qui offre un équilibre entre vie locale et circulation en abaissant nécessairement la vitesse maximum afin d’optimiser les conditions de déplacements des piétons et la cohabitation entre les vélos et les automobilistes.
Son but avoué est d’améliorer la sécurité et la prévention des accidents en préservant des lieux sensibles tels que les zones scolaires, piétonnes, résidentielles ou historiques, voire même celles qui incitent à la vitesse, en modifiant le comportement routier tout en ne privant pas les automobilistes de l’accès à ces zones.
L’ensemble de la zone est aménagée de façon cohérente avec une limitation de vitesse à 30km/h. Pour se faire, le maire ou l’autorité investie du pouvoir de police doit prendre un arrêté en ce sens afin d’abaisser la vitesse puisque cela déroge au droit commun prévoyant en agglomération une vitesse réduite à 50km/h.
Les chaussées sont à double sens pour les cyclistes sauf dispositions contraires.
Le cadre de vie urbain s’en trouverait amélioré et entrainerait une réduction des nuisances liées à la circulation (pollution et bruit).
Il ne faut exclure aucun mode de transport sauf dispositions contraires. La zone 30 est accessible à tous les usagers.
Les usagers
- Les piétons
Qu’ils soient à pied, en rollers, en trottinettes, la réglementation reste la même que sur une voie limitée à 50km/h contrairement aux zones piétonnes ou de rencontre. Les piétons n’ont donc pas un droit de priorité particulier et ne sont pas autorisés à circuler sur toute la largeur de la chaussée. Ils sont tenus d’emprunter les espaces qui leur sont réservés.
Toutefois la diminution de la vitesse dans une zone 30 rend compatible la traversée des piétons dans de bonnes conditions de sécurité. Les aménagements en zone 30 doivent être pensés pour faciliter la traversée des piétons en tout point de la chaussée en limitant les recours aux passages piétons et en évitant les bordures hautes des trottoirs. Le piéton dans un tel cas peut traverser en tout point de la chaussée à condition qu’il n’y ait pas de danger immédiat. Le passage piéton doit rester exceptionnel dans une zone 30.
- Les personnes à mobilité réduite
Il s’agit des personnes en fauteuil roulant, les personnes ayant des handicaps sensoriels (non voyant, malvoyant, sourd, malentendant) ou intellectuels (problèmes cognitifs), les personnes transportant des bagages lourds, les personnes âgées, les femmes enceintes, les adultes avec poussette ou caddie.
La largeur de cheminement (trottoir) doit être selon la loi du 11 février 2005 sur l’accessibilité et l’insertion des personnes handicapées, le décret 21 décembre 2006 et l’arrêté du 15 janvier 2007 de 1.40m libre de tout obstacle afin d’être accessible à cette catégorie de personnes.
- Les cyclistes et modes motorisés
Ils se partagent la chaussée avec les automobilistes. Cela suppose une homogénéité des vitesses pratiquées (30 km/h) pour qu’ils puissent facilement circuler. Il y a peu d’aménagements cyclables en zone 30 puisque la mixité répond au besoin des cyclistes, même si cela reste envisageable. On peut considérer que la zone 30 est un aménagement cyclable en soi.
Le cycliste ne doit pas rouler sur les trottoirs ou sur les espaces usités par les piétons car cela irait à l’encontre de la loi de 2005 sur l’accessibilité et l’insertion des personnes handicapées. Dans le même esprit, il faut également éviter de mettre en place des pistes cyclables sur les trottoirs.
Le but de généraliser le double sens cyclable est de développer l’usage du vélo et de favoriser un meilleur comportement routier des cyclistes. En effet pour aller plus vite ou éviter des détours, ils sont amenés à rouler sur les trottoirs. En créant cet aménagement, on tente de prévenir ce type de comportements et de ne pas leur allonger leur parcours.
S’il n’est pas possible d’instaurer le double sens cyclable, le maire devra le justifier en invoquant des contraintes propres à la voirie et à son usage (par exemple une forte présence de poids lourds).
L’existence de places de stationnement sur la voirie n’est pas une finalité en soi. Ainsi on ne peut maintenir ces places pour justifier l’impossibilité d’aménager un double sens cyclable dans les rues à sens unique.
- Les véhicules motorisés
Il s’agit des cyclomoteurs, motos, automobilistes, véhicules de livraison … Ils doivent respecter les mêmes règles que sur les voies limitées à 50 km/h si ce n’est qu’ils sont soumis à une réduction de la vitesse et au double sens cyclable. Les véhicules de transport publics ont leur place également ainsi que les véhicules d’urgence.
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