Quelles énergies alternatives pour remplacer les carburants fossiles ?
Catégorie :Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, le remplacement des carburants traditionnels (essence et diesel) dans le secteur automobile par des carburants alternatifs se met progressivement en place.
Les carburants de l’avenir
Le Centre de Recherche d’Énergie des Pays-Bas (ECN) est convaincu que les énergies alternatives sont les carburants de l’avenir. « Ces carburants auront un rôle primordial dans la réduction des niveaux de CO2 dans les prochaines années », explique Coen Hanschke, chercheur à l’ECN. «Nous avons étudié un certain nombre de carburants potentiels et de systèmes de propulsion et avons calculé leur effet sur le climat et l’environnement. Quelques technologies sont tout à fait opérationnelles, comme le gaz naturel, la première génération de carburants bio, ou encore les moteurs hybrides ou certaines solutions informatiques intelligentes capables de diminuer les niveaux de consommation de carburants. Néanmoins, à long terme, leurs impacts sur l’environnement seront peu perceptibles ».
De fait, il semble que deux solutions sont considérées comme les plus prometteuses : l’électrique et l’hydrogène.
De plus en plus de voitures électriques voient le jour.
General Motors a, par exemple, conçu la Volt Chevrolet. Il s’agit d’une voiture dotée d’un petit moteur qui peut recharger ses batteries dès que cela est nécessaire. Pour des parcours allant jusqu’à 60 km, la Volt fonctionne grâce à la puissance de sa batterie lithium-ion chargée par l’intermédiaire d’une prise 230 volts classique. Pour de plus longues distances, la voiture continue à fonctionner à l’électricité, mais celle-ci est produite par un petit moteur à combustion interne.
Aussi les services de location de voitures électriques se développent. Ils proposent un système d’abonnement similaire à celui des téléphones portables : le client s’abonne à un volume d’énergie électrique mensuel et le véhicule lui est fourni presque gratuitement.
Il faut toutefois noter que, pour le moment, les batteries sont lourdes pour une faible autonomie et leur recyclage pose problème.
Des voitures à hydrogène aussi
En parallèle, sont mises au point des voitures à hydrogène fonctionnant avec des piles à combustible.
BMW teste, par exemple, à l’heure actuelle sa Série 7 Hydrogène. Propulsée par un moteur V12, le passage de la carburation essence au mode hydrogène s’effectue sur simple pression d’un bouton H2O situé sur le volant. Elle peut parcourir 700 km en conjuguant les deux énergies. Le réservoir contient 8 kg d’hydrogène liquide maintenus en permanence à la température de 253 degrés et est totalement sécurisé.
Cependant, il n’y a pas encore de réseau de ravitaillement en hydrogène développé, la fabrication de la pile à combustible est très chère et l’hydrogène est très volatile.
Et qui gagnera la compétition ?
Selon Coen Hanschke il est un peu trop tôt pour faire des pronostics. Durant les vingt à trente prochaines années, il y aura de moins en moins de demandes de voitures émettant de forts taux de CO2. Les modèles électriques et autres voitures à hydrogène vont donc évoluer et se vulgariser en parallèle.
A chaque fois que la fabrication de carburants nécessaires au fonctionnement de ces véhicules passera par de la biomasse ou de l’électricité produite par les énergies naturelles telle que le soleil, le vent ou l’eau, l’environnement aura tout à y gagner. Si, a contrario, les combustibles fossiles continuent à être utilisés pour fabriquer de l’électricité, comme le charbon ou le gaz, il faut d’une manière ou d’une autre intercepter et stocker le CO2 émis pour minimiser les effets sur l’environnement.
Il appartient aux gouvernements, nationaux ou locaux, de soutenir des projets en ce sens et de rendre les automobilistes plus conscients des alternatives au moteur à combustion.
(Extrait de la revue de l’Automobile Club :Mai 2009 ISSN 1296-3739)

